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Note aux candidats à une promotion (MC et PR)

Sommaire

Les pratiques de la section 27 du CNU en matière de promotion se révèlent assez stables sur la durée et cette note vise à les décrire afin que les candidats puissent se faire une idée de la manière dont leur éventuel dossier de promotion sera interprété par l'instance nationale.

Il importe d'avoir conscience que, dans l'état actuel de la législation les promotions sont contingentées et que le contingent est extrêmement insuffisant. Dès lors, le rôle du CNU n'est pas de décider si tel ou tel mérite une promotion mais, en réalité, de choisir, parmi des dossiers les rares qui en bénéficieront. Dans ces conditions, il est primordial que les dossiers soient complets et explicites pour qu'ils soient comparables. Or, on ne peut que constater l'extrême hétérogénéité de la manière dont les dossiers sont construits. Il est clair que cette hétérogénéité tient en grande partie à l'ignorance des modes de travail et des critères utilisés par la section.

Cette note a pour but de faire connaître ces modes de travail et ces critères.



Procédures de promotion

La procédure réglementaire est, comme souvent, rendue assez complexe par le fait qu'un grand nombre de cas particuliers ou marginaux sont pris en compte. Il est possible de consulter la version consolidée (ie. dont les modifications ultérieures ont été intégrées dans le texte) du décret de 1984 (qui fonde la procédure) sur le site de la section.

D'une manière très résumée, on distingue 3 voies de promotion :

Le ministère essaye d'assurer aux promouvables un accès équitable aux possibilités de promotion. Pour cela il fixe, pour chaque type de promotion, un nombre N tel qu'il y ait, en moyenne, 1 promotion pour N promouvables.

Valeurs de N


MC HC

PR 1C

PR Ex1

PR Ex2

2000

15

14

28

5

2001

16

13

24

5

2002

15

16

53

6

2003
11,5
9,5
20,5
4,5
2004
12
10
25
4
2005
12,5
10
25,5
3,5
2006 10,5 10 16 4
2007 11 10,5 17 3,5
2008 10 10 14,5 2,5
2009 7 8,5 9,5 3,5
2010

Depuis 2006, le règlement pour déterminer l'ensemble des promouvables a changé (décret du 1/9/2005) : désormais, pour être promu l'année n il faut être promouvable au 31 décembre de l'année n-1 (selon l'ancien règlement il suffisait d'être promouvable au 31 décembre de l'année n). Les valeurs de N pour 2006 et 2007 utilisent le nouveau réglement.

Il détermine ensuite des quotas de promotions par établissement s et par section en cherchant à ne pas s'éloigner de ces valeurs cibles.

À titre d'exemple, prenons le cas des promotions à la première classe des professeurs en 2005.

Remarquons que, pour ce qui concerne la voie 2, les quotients obtenus au niveau de la section sont évidemment arrondis mais les restes (positifs ou négatifs) non utilisés sont reportés l'année suivante. Toujours pour cette voie, il est parfois possible de fusionner les quotas des voies 1 et 2 (c'était le cas en 2005).

En pratique, ces chiffres évoluent peu d'une année sur l'autre et on peut retenir que la section attribue une vingtaine de promotions par an à la hors classe des maîtres de conférences ou à la première classe des professeurs et environ 5 promotion s à chacun des échelons de la classe exceptionnelle des professeurs. Cette pénurie chronique engendre une situation de blocage quasi « institutionnel » qui fait que la non-promotion d'un candidat donné ne doit pas être interprétée comme un désaveu de son activité.


Pratiques de la section 27

Le travail s'organise en 2 phases : chaque dossier est confié à deux membres de la section chargés de l'instruire puis, dans une seconde phase, tous les dossiers sont examinés en réunion plénière par l'ensemble de la section qui prend la décision.

Rapporteurs

Par commodité, nous employons le terme rapporteur pour désigner les membres de la section chargés d'instruire une candidature particulière. Remarquons toutefois que le terme rapporteur est impropre : on ne leur demande pas un rapport sur la candidature, rapport qui de toutes façons n'aurait pas de signification puisque la promotion ou la non promotion dépend des autres candidatures.

Vu le nombre de candidats à examiner, il est clair que l'instruction d'un dossier par un seul rapporteur induit un risque d'arbitraire. Pour lutter contre ce risque, la section 27 a adopté un certain nombre de garde fous : 

Pour conclure sur le travail des rapporteurs, il faut sans doute insister sur le fait qu'un rapporteur travaille à partir d'un dossier (le plus souvent les rapporteurs ne connaissent pas les collègues dont ils instruisent les dossiers). Cette distorsion entre dossier et réalité, est la source majeure de l'incompréhension des décisions prises et elle ne peut être amoindrie qu'en améliorant la forme et le contenu des dossiers.

Réunion plénière

Le but de la réunion plénière est de prendre les décisions. La procédure adoptée en son sein, vise un double but :

Critères

Puisqu'il y a de fait concours entre les candidatures, nous sommes obligés d'effectuer des comparaisons multicritères entre les dossiers.

Pour ce faire, nous essayons d'évaluer chaque dossier selon 6 axes : l'ancienneté (A), les activités d'enseignement (E), la recherche (R), l'investissement dans les tâches collectives (T), la visibilité (V), qu'elle soit locale, nationale ou internationale, et l'encadrement (D). On comprendra que l'évaluation de ces axes et leur prise en compte dans la comparaison varient selon le type de promotion. Pour rester sur un plan général, on doit pouvoir trouver dans le dossier des informations sur chacun de ces 6 axes. Le dossier, proprement dit, doit être conçu sur un plan standard : CV, enseignement, recherche, tâches collectives: 

La question de la répartition thématique ou géographique des promotions accordées par le CNU est souvent posée.

Pour ce qui est de la géographie, il faut savoir qu'au premier janvier 2000, la section comptait 2391 enseignants-chercheurs titulaires (environ 3000 en 2005), répartis dans 137 établissements différents et que les deux seuls établissements dépassant 100 informaticiens en poste ne représentaient chacun que 4% des effectifs. De ces chiffres il ressort que :  En revanche, même si les thématiques de la section évoluent rapidement, il y a un nombre relativement restreint de grands domaines. Il doit être clair qu'aucun système de quota a priori n'est en vigueur. Par contre, il serait préoccupant que, sur la durée, les promotions accordées par la section soient inéquitables.

Recommandations générales et/ou questions fréquemment posées

Dois-je présenter ma candidature de nombreuses années à l'avance pour « habituer le CNU » à la prendre en compte ?

Dois-je présenter ma candidature pour permettre à la section d'avoir plus de promotions l'année suivante ?

Dois-je mettre dans mon dossier de nombreuses lettres de recommandation ?

Promotions à la hors classe des maîtres de conférences

À l'expérience, deux profils principaux se dégagent :

Le premier profil, qui était prépondérant autrefois, est en recul  aujourd'hui par rapport au second.
 

Ancienneté

On trouvera en annexe un graphique montrant l'effet sur le déroulement de la carrière des promotions à la hors classe.

Enseignement

Tout candidat doit avoir fait preuve d'une implication « normale » en enseignement avec des cours variés, des rédactions de polycopiés, de sujets d'examens… Le dossier doit donc montrer cette implication en mentionnant :

On veillera à donner une information synthétique, bien sûr, mais on détaillera les dernières années. Dans certains cas, des données concrètes sur les effectifs sont utiles.

Pour que l'enseignement apporte un plus à la candidature, il faut des activités d'enseignement innovantes ou des responsabilités particulières.

Recherche-Encadrement

Pour la promotion des maîtres de conférences à la hors classe, encadrement de la recherche et recherche sont confondus. Le maintien d'une activité de recherche est souhaité, même si la recherche n'est pas le critère privilégié des promotions à la hors classe. Lorsque les charges collectives ont éloigné durablement un candidat de la recherche, des signes probants de reprise d'une activité de recherche sont particulièrement appréciés.

Il est clair que l'évaluation du niveau des activités de recherche dépend largement du contexte dans lequel le candidat exerce ses activités. Il est donc particulièrement important que ce contexte soit décrit.

Administration, tâches collectives

D'une manière générale, on doit pouvoir trouver dans le dossier des éléments :

Les tâches collectives peuvent concerner la recherche, l'enseignement, l'administration, la promotion de l'Université, etc. Elles peuvent s'exercer dans le cadre de départements informatiques ou non, d'établissements ou encore au niveau national, voire international. Vu cette diversité, il est vain de tenter ici un recensement exhaustif.

La participation à des commissions ou instances (CA, CEVU, commissions de spécialistes, etc.) est considérée comme faisant partie du métier normal. Il faut les mentionner. Mais, il faut aussi et surtout mettre en valeur les participations allant au-delà de la normale comme les responsabilités et animations particulières. :

Les délégations, détachements, séjours à l'étranger... (qui plus est lorsqu'ils sont prolongés) qui ne sont pas directement liés aux activités de l'enseignement supérieur et qui ne permettent pas de dégager un rayonnement sont difficiles à évaluer et à prendre en compte.

Visibilité

Pour prétendre à une promotion à la hors classe des maîtres de conférence, le candidat doit, de toutes manière, témoigner d'une bonne visibilité locale, au niveau de son département ou de son établissement : cette visibilité permet d'attester d'une forte implication administrative, et elle peut être renforcée ou compensée par une visibilité nationale. Il s'agit ici de juger de l'impact du candidat sur son environnement : implication forte dans les tâches collectives de ses structures universitaires, prises de responsabilité, mais surtout rôle d'animation, par la réflexion sur la pédagogie, la création de nouveaux cursus ; bref, tout ce qui montre que le candidat est une personne de référence dans son milieu professionnel. Tous les éléments qui peuvent attester objectivement de ces aspects sont les bienvenus.

Il se peut que le candidat se rende visible d'une manière jugée exceptionnelle (livre faisant référence, lourde responsabilité nationale etc.). Dans ce cas, c'est un critère qui est évidement pris en compte.


Promotions à la 1re classe des professeurs

Pour la promotion à la première classe des professeurs, s'il n'est évidemment pas question de normaliser et d'imposer des pondérations types entre enseignement, recherche et responsabilités collectives, il nous semble anormal qu'un candidat à une telle promotion soit parvenu à ne jamais exercer l'une de ces activités.

En outre, les professeurs ayant une responsabilité d'encadrement des jeunes chercheurs, il est clair que l'axe D (encadrement) revêt une particulière importance. Enfin, vu le nombre particulièrement faible de promotions à accorder, il serait étonnant que les candidats promus n'aient pas témoigné d'un rayonnement (d'une visibilité) certain.

Ancienneté

On trouvera en annexe 3 graphiques montrant l'effet sur le déroulement de la carrière des promotions de la 2e à la 1re classe.

On constate, au début du 5e échelon de la 2e classe un palier de 4 ans 4 mois pendant lequel une promotion à la 1re classe ne produit aucune différence de traitement (NB. les primes, elles, peuvent changer).

Enseignement

Les remarques faites pour la hors classe des maîtres de conférences s'appliquent évidemment : on s'attend à voir décrite une implication normale en enseignement et mis en valeur les « plus » (polycopiés, ouvrages, réalisations pédagogiques, responsabilités).

On s'attend également à trouver, de la part d'un professeur, une implication dans la définition des cursus, dans la création de nouveaux enseignements, dans la coordination d'équipes pédagogiques. Il est important de quantifier (leitmotiv !), et de porter une attention particulière à la description des co-responsabilités (le co-responsable peut lui aussi prétendre à une promotion).

Recherche et encadrement de la recherche

On s'attend à trouver une description standard : problématique, contexte, résultats (académiques et/ou valorisation), publications. On mettra en valeur l'animation de la recherche et les collaborations.

Administration, charges collectives

Les tâches collectives peuvent concerner la recherche, l'enseignement, l'administration, la promotion de l'Université, etc. Elles peuvent s'exercer dans le cadre de départements informatiques ou non, d'établissements ou encore au niveau national, voire international. On consultera les indications de présentation données ci-dessus pour la hors classe des maîtres de conférences.

Visibilité

Compte tenu du faible nombre de promotions, la visibilité (on parle aussi de rayonnement) est un axe majeur. Elle se décline de diverses manières :

Enfin, mais nous arrivons là aux aspects les plus difficiles à quantifier, le rayonnement est aussi la conséquence d'une personnalité, d'un charisme personnel, et tous les éléments qui peuvent attester objectivement de ces aspects sont les bienvenus.


Promotions au 1er échelon de la classe exceptionnelle des professeurs

En 2009, la section disposait d'une possibilité de promotion pour 20 promouvables. Il est clair que les promus doivent témoigner, en sus d'une implication normale dans l'enseignement, la gestion de l'enseignement, la recherche, le pilotage de la recherche... d'une visibilité qui doit être, effectivement, exceptionnelle.


Promotions au 2e échelon de la classe exceptionnelle des professeurs

En regard des promotions au 1er échelon, les promotions au 2e échelon de la classe exceptionnelle sont largement moins chichement comptées. Compte tenu du barrage (et de l'ordonnancement induit) lors de la promotion précédente, on ne s'étonnera pas de ce que l'ancienneté depuis la promotion au 1er échelon devienne un critère prépondérant.


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Page modifiée le 1/2/2010 par le bureau de la section 27